Fantômes (20230915)
assis, ton verre à la main, tu me regardes dans les yeux avec ton sourire travaillé et tu éclates de rire, j’ai de beaux yeux, non ?
au coin de ce vendeur de chaussures, je me rappelle, dans ma nuque, je pressentais que tu arrivais aussi en ville, je me trompais rarement, tu me rattrapais avec ton hello bab’ et je respirais mieux
t’ai-je aimé avant ou après Reggiani, je ne sais plus, à la moindre vibration sa voix m’emporte, le grain de la tienne me ravissait sur le même mode
face à l’objectif, ça pétille, tes pattes d’oie, ton éclat de rire, ta jeunesse, notre jeunesse, notre plaisir à être ensemble, à faire ensemble, à ne rien faire ensemble
je vous appelle, je vous chasse, ne m’en voulez pas, parfois je vous oublie, ou je fais semblant, vous êtes là, en creux, parmi les vivants
frr