Intrus (20240425)
Etrillé par le froid humide qui raidissait les vêtements, il avait fini par fracturer cette porte. Probablement une maison de vacances, une maison de famille. Il veilla à abimer le moins possible le chambranle, il avait possédé, il respectait ces sentiments attachés à un lieu. Une vapeur moisie lui prit la gorge. Impossible d’aérer au risque d’être repéré. S’habituant à la pénombre, il repéra une chambre en rez-de-chaussée, il débloqua la porte-fenêtre, il pourrait s’enfuir rapidement si quelqu’un arrivait. Souvenirs de vacances chez les grands-parents, mêmes parfums de cire sous le renfermé, mêmes craquements du parquet, mêmes rongeurs trotteurs au-dessus de la tête. Combien de défaites pour errer à son âge, condamné à attendre que les services sociaux lui accordent un hébergement provisoire ? La fatigue finit par le vaincre, il s’enroula dans une courtepointe… « Tu as bien fait de revenir nous voir… », son grand-père lui souriait dans ses vapeurs gitanes...