Papillon (20231007)
Tu n’oses pas le toucher, fasciné par ses nuances, surpris par sa pose, juste là, sur le dossier de la chaise, tu retiens ton souffle.
L’air vibre d’une lumière particulière à travers ses ailes, le temps s’est retiré sur la pointe des aiguilles, chaque atome se tenant scrupuleusement à sa place.
L’enfant l’a vu, il lève les yeux, te sourit et reprend son coloriage, appliqué avec son crayon à mine orange. Ton chien s’étale à vos pieds, yeux mi-clos. Des pommes pelées fondent dans la poêle avant de glisser sur la pâte à tarte.
Maison, jardin, village respirent à l’unisson, dans un battement de vie, de paix. Tu voudrais tant fixer, retenir, enfermer, mais tu le sais, si tu avances ta main, si tu tentes de figer, tout s’évanouira…
Tu ne peux que respirer, toi aussi à l’unisson, et célébrer.
frr