Chat (20231031)
Le félin de la maison surgit lorsque je m’installe enfin dans mon fauteuil, journal à la main. Prêt à bondir dès que mes jambes croisées, la gauche sur la droite, et mon bras droit qui tient ledit journal auront formé la corbeille parfaite pour le roi puisse s’y enrouler et m’assigner à la lecture complète des bonnes feuilles du jour. Satisfait, il enclenche son ronronnement de métronome.
Depuis notre fauteuil, nous entendons la circulation, un tracteur plus bruyant, une sirène. Quel destin dépend donc des secours à cette heure creuse de l’après-déjeuner ? L’averse se met à taper les carreaux, le soleil réapparait brutalement. Le quotidien me détaille la guerre à l’est, la menace au sud, les dégâts provoqués par une tornade, les conséquences des incendies de l’été, le décès toujours trop précoce de cet artiste si apprécié pour son œuvre et ses prises de position.
Je pose les feuilles sur l’accoudoir, mes mains caressent machinalement mon petit lion toujours satisfait et toujours ronronnant. Où se tient la réalité du monde ?
frr