Du vent (20231104)
Le vent s’est levé, qu’ils disent. Quelle farce. Ils croient tout maitriser et ne savent même pas nommer les éléments. Je ne me lève pas, je suis. Je tourne, je valse, je me glisse puis j’explose. Assez de leurs fumées, de leurs bombes, de leurs objets volants, de leurs entailles dans la terre, de leurs arrosages putrides. Je souffle tout, je décoiffe les forêts, j’emporte les sables, je siffle rivières et fleuves, je creuse les océans. Tant pis pour les fioritures, les installations futuristes, les cages de tôle, les édifices arrogants, les connexions robotiques. Ne resteront que l’humus, les roches, l’eau vive et leurs habitants, les petits, les infimes, les mal aimés, les invisibles sans qui la vie est impossible. Les couleurs éclateront, la lumière pénétrera les canyons et les criques, le pollen reprendra ses voyages à dos d’insectes, d’oiseaux, de brises légères. Des êtres se réveilleront, secoueront leurs membres enfin déliés, retrouveront le goût de l’air.
frr