Il court (20231204)
L’asphalte rebondit avec la régularité d’un métronome sous ses semelles fluo, adhérentes et confortables pour protéger la chaîne de ses articulations. Des ornières à éviter, ensuite tourner à droite sur le chemin de terre, sèche et dure, à découvert jusqu’à l’allée de platanes, vestige domanial. Le rebond s’assouplit légèrement, la vision s’ouvre sur les pâturages et la découpe des toits du village dans un ciel bleu métal. Foulées, balance des bras, respiration, le corps court, la pensée lâche. Stopper brièvement pour traverser la route, se réengager sur le chemin jusqu’à la forêt. Le sous-bois craque, feule, fuit sans soubresaut, juste par précaution. Inspirer l’humus, la fraicheur, les essences. Repu, il tourne à nouveau à droite en direction du village, de la maison, du seuil.
Chaque matin, il court.
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