Forêt (20231212)
Les branches frôlent ses jambes puis se referment après son passage. Ses mains posées sur le garrot, elle maintient juste ses rênes détendues, Halifax sait. Il sait la sente un peu boiteuse, cachée aux promeneurs, il reconnaitra l’allée plus large qu’ils emprunteront sur la droite d’un trot enlevé, souple et silencieux. Les odeurs de cuir graissé, de sueur, d’humus enveloppent la cavalière dans la densité du sous-bois. Des dégradés de verts, des froissements, des branches jeunes, lourdes, verticales, dégradées. Oreilles vers l’avant, l’encolure légèrement enroulée pour suivre les impulsions, le cheval délie ses pas. Lui aussi respire, écoute, perçoit. Ils se guident l’un l’autre, se prévenant des troncs au sol, des ornières, des chevreuils réfugiés dans les fougères, pas inquiets, prudents. Chaque balade culmine en épousailles. Jamais plus elle ne marchera dans les bois comme un piéton.
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