Cabane
La cabane observe les promeneurs et les charme. Elle les surprend, légèrement en retrait du sentier. Son toit émerge alors que ça grimpe encore, puis ses murs de troncs se découvrent, ses fenêtres garnies de dentelles, ses bûches remisées dans une soupente. Elle regarde l’horizon, les cimes et les dents, le ciel mouvant, les brumes et les orages.
Quand les badauds disparaissent, chevreuils et biches s’approchent curieux de la claie aménagée à l’arrière, sur une mince lisière avant que le sol ne devienne pierreux. Le chien a renoncé depuis bien longtemps à japper à chaque passage, il mime la sieste, posté à côté du seuil, aucun étranger n’osera avancer le pied.
L’entourage en herbes et en fleurs souligne son profil net, sa dentelle de pin, les rideaux. Elle plante dans le cœur des promeneurs un désir de paix, d’espace, de retraite, semant en un souffle son esprit dans les demeures des plaines.
Frr.