Cowboy (20240107)
Bouche-bée, l’enfant regarde l’appaloosa se cabrer au son de la musique qui vibre dans toute la galerie. Paré de ses franges, de son chapeau, de ses santiags éperonnées d’étoiles, le cavalier maîtrise sa monture, sourit et pousse quelques cris américains. Quand la musique s’arrête, il a le droit, comme les autres enfants tout aussi ébahis, d’approcher l’animal. Il tente une caresse, retire vivement sa main quand sa paume sent l’humidité de la transpiration, le cowboy l’encourage, lui montre comment tapoter l’encolure. Il s’aperçoit alors des yeux vairons, de la lisse asymétrique, des longs cils, il court vers sa mère, ravi.
Elle l’attend avec le caddie, prête pour les courses. Elle voit les moufles sur les sabots pour éviter au cheval de glisser sur les dalles, le fond de teint du cow-boy qui se strie à chaque fois qu’il s’essuie le visage, elle a aperçu le van tracté par un quatre-quatre, elle devine une amertume… Arrive-t-il à en vivre ? Leur arrive-t-il de galoper ailleurs que dans des centres commerciaux ?
J’ai vu un vrai cow-boy maman ! J’ai même touché le cheval !
Oui, mon trésor, un vrai cow-boy…
Frr.