Ecrin (20240121)
Au cœur de la cité, la boîte à rêves résiste. Des saltimbanques de tous poils s’y posent. Les uns portent lutrins, guitares et violoncelles, les autres chaussons et costumes, d’autres les mots des poètes, d’autres encore juste leur propre corps et ses facéties. Tous cultivent depuis leurs printemps leurs talents et les partagent. Simples quidams, soudain ils prennent la lumière et le noyau de spectateurs retient sa respiration pour goûter l’offrande : là, en direct, sur scène, à quelques souffles. Le brouhaha du monde s’arrête aux portes. Unique, évanescente, chaque représentation échappe au temps, à la rationalité, à la performance. L’artiste se décourage parfois à chasser le mystère dans ces instants où des centaines de ses semblables ont réservé, programmé, payé, pour accompagner la quête, efforts, nuits d’hôtel, échecs, doutes s’évanouissent. La boîte à rêves rassemble cette part d’humanité qui nous honore.