Au rez-de-chaussée, cette maison de bourg ne bénéficiait de lumière naturelle que par deux fenêtres. L’une donnait sur une cour, partagée entre trois demeures et garnies de lauriers en pots, l’autre observait la rue centrale, départementale empruntée par tous les campagnards qui gagnaient leurs salaires dans le chef-lieu voisin. Outre ce ruban de voitures, des écoliers et des collégiens la suivaient tôt le matin et à l’heure du goûter. Mères et assistantes maternelles processionnaient munies de poussettes, des adolescents frimaient en mobylette ou en moto trial. Le plus confortable des fauteuils s’était donc tout naturellement posé devant cette fenêtre pour profiter du peu d’animation qui subsistait dans le village. D’abord pour le repos dans la matinée après la visite à la boulangerie, puis pour le café après le déjeuner, ensuite pour le somme après ce deuxième café. Sinon elle observait, hiératique.
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