La porte ! (20240226)
La porte claqua et il se retrouva sur le palier, ses clefs dans la poche droite de son blouson. Il ne ferait pas demi-tour, il n’allait pas se retourner pour rouvrir cette porte alors qu’il venait de se faire jeter. Il descendit l’escalier pour ne pas rester à piétiner devant l’ascenseur, sortit et se dirigea vers les quais. La soirée n’était pas si avancée qu’il l’avait cru, beaucoup de promeneurs trainaient encore. Il s’appuya sur une rambarde, vérifia son portable, pas de nouveau message. Logique. Elle n’enverrait pas de sms à celui qu’elle venait de pousser dans ses contradictions. En relevant les yeux, il remarqua un garçonnet qui oscillait sur un vélo un peu costaud pour sa taille. Des pneus larges, une selle épaisse, des roulettes. Ressurgit son premier vélo, les balades avec les parents sur les routes de campagne, les « attention » criés dans son dos qui le faisaient bifurquer un peu trop vite dans les fossés. Il devait alors attendre qu’ils le rejoignent pour le remettre d’aplomb sur le bitume. Il chercha du regard qui accompagnait l’enfant et s’imagina papa, ça lui plairait, il l’espérait depuis longtemps. Il était amoureux. Pourquoi jouait-il l’indifférence, l’ironie, le je-ne-t’ai-rien-promis ? Elle avait raison Mathi, il n’était qu’un vieil ado pitoyable…