Nanou (20240228)
Nanou s’ennuyait. Deux tartines de pâte noisettes-pistaches-chocolat, trois de miel, une bolée de sirop de pruneau l’avaient bien occupé et il s’était félicité de s’être levé après le départ de tout le voisinage pour le bois. Ses bûches continuaient de sécher sous son auvent au fond du potager et il chargerait son poêle ce soir comme tous les soirs. Même l’été, il était sensible à l’humidité. Il était sensible tout court et endurait les quolibets : frileux, délicat, fragile, geignard… Seule sa cheminée fumait au mois d’août malgré les remarques de ses voisins. Il devrait lui aussi se lever à l’aube, mener les bucheronnages. Mais il n’aimait pas se lever avant le soleil, ni s’enfoncer dans les feuilles pour marquer les arbres à abattre, encore moins manipuler haches et scies. Oui, il était fragile, il n’était pas paresseux. Il se décida à lancée une fournée de crème marrons-noisette et un potage. Ragaillardi, il enfila ses sabots, sortit emplir deux seaux d’eau, rassembla ses ingrédients, des plats, ses ustensiles et s’installa sur son perron pour l’épluchage. Ils seraient bien contents, les railleurs, de s’attabler à leur retour !