fragments & florilèges
A tant vouloir contingenter l’humain en lignes et en colonnes bureaucratiques, à tant vouloir évaluer le relationnel comme on planifie une production à la chaîne, à tant vouloir chiffrer, anticiper, contrôler, débriefer, on perd l'objet. Or l'objet, l’humain,...
Un enfant cavale d’une pièce à l’autre, à donner le tournis aux adultes qui s’affairent en cuisine et au salon. L’heure du déjeuner approche, lui a déjà assailli les allées du jardin et claqué la porte de l’office. La lumière rasante de ce jour d’hiver...
La nuit tombe sur le salon. Ranger, préparer, laver, nourrir. Pousser le jour à la porte. Embrouiller l’angoisse crépusculaire dans le repos du soir. D’autres, ailleurs, loin, dans des villes dévastées, des rues incendiaires, des intérieurs fragiles hurlent...
Soucieux du niveau de nos petits collégiens de sixième qui serait insuffisant (selon quels critères, par comparaison avec quelle population scolaire ? vaste sujet que ces évaluations de « niveau » !), le ministère projette d’ajouter une heure hebdomadaire...
Les hommes de mon enfance allaient mains croisées dans le dos en regardant pousser les jardins ponctuaient les conversations de mots compliqués sentaient le tabac et l'après-rasage remontaient les manches et tombaient les cravates se resserraient en bout...
C'est une journée indécise d'automne. Nos bottes épousent les mousses spongieuses, la pluie tambourine sur le toit des frondaisons. Ton pas est sûr. Je ne vois aucun chemin, mais toi tu sais où tu nous emmènes. Tu contournes les souches, enjambes les...
sur mon chemin je joue parfois à colin-maillard je fais la maligne j'en fais fi je marche je bute j'achoppe je m'interromps..., lui me garde de ma perte abrite ma solitude me donne le cap je ne l'enjolive guère pas la peine je l'emprunte à rebrousse-poil...
Les obstacles gisent en nous. Résiduels. Récurrents. Obstinés. Bien sûr des difficultés contingentes, palpables, visibles surgissent, des imprévus, des trahisons, des échecs. Notre façon de les aborder ne dépend que de nous. Programmons-nous une déconvenue...
Des couchers de lunes Des horizons D'où nous pensons Les paysages nous habitent F ragrances d'enfances Cascades d'un écureuil Fenêtre entrebâillée Une main salue Tournons avec le chemin Perspective en décalcomanie Le soleil en courbes Des toits pout habiter...
Gaïa a quinze ans, quinze tout ronds comme une crise, comme son chignon qu'elle porte haut. Il souligne la ligne gracile de son cou, étire ses yeux en amandes, élargit son sourire. Gaïa grandit encore. Elle va pousser jusqu'à ses rêves, elle le sait,...