Petit (20231010)
Tu n’auras connu du monde que les précieux visages de papa, de maman, de grand-frère si rigolo, de grand-mère qui savait aviver ton gazouillis dans ses bras parfumés par ses chansons à marionnettes.
Tu ne sauras pas l’effroi, enfin nous l’espérons, que tu n’a pas eu le temps de te raidir de peur quand le fracas et l’ombre ont écrasé la maison où ton berceau t’accueillait avec douceur.
Tu nous excuseras d’y trouver une bien maigre consolation, nous, si démunis, si malheureux, si en rage, si sans mot.
Toi, déposé sur terre au creux d’une geste amoureuse, arraché aux tiens par des relents guerriers, garde-nous, pauvres survivants, il ne nous reste que les pleurs.
frr