Librairie, encore (20240424)
Passer la porte à la recherche du Sésame. Tous les prétextes sont bons : un manuel pour parfaire une formation, des albums pour chacun des enfants, un roman dont – raisonnable – on a attendu la parution en poche, un cadeau idoine pour l’aimée, ou – le plus dangereux – la flânerie. Commence alors une déambulation faussement innocente d’un ange au milieu des tentations. On palpe, on évalue, on lit les quatrièmes, on recherche les auteurs préférés, connus, aperçus, cités, on trébuche sur des titres, des collections, des formats, des nouveautés, des bilingues, des classiques. Surgit soudain celui qu’on espérait sans le connaitre, qu’on ne retrouvera nulle part ailleurs, qui ne peut attendre, dont on a entendu parler. Cette première chute ouvre fatalement la boîte de Pandore, les démons frissonnent, s’agitent, tremblent de toutes leurs typos, poésie, autobiographie, récits, journaux. Autant de voix qu’on claquemure dans le cabas après le passage en caisse mi-contrit, mi-excité, impatient de les retrouver en tête à tête, enivré du parfum de ces pages toutes neuves.